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Législatives : quel rapport de force ?

En évoquant les résultats du premier tour des législatives à chaud, le président de la Région Normandie, Hervé Morin, lâche devant la presse régionale : "La vie politique, c'est du rapport de force... Et ce n'est pas céder à la mode", précisant immédiatement : "Je veux être dans l'opposition et incarner clairement une droite et un centre intelligents".

Quelques jours plus tard, le premier ministre Édouard Philippe, ex-maire du Havre, rappelle à son ministre de la Justice, François Bayrou - qui est intervenu auprès de Radio France au sujet de l'affaire de soupçons d'emplois fictifs au Modem - que "quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen". Le Béarnais réplique aussitôt : "Chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire, je le dirai". Première escarmouche gouvernementale sur fond de rapport de force... Ce n'est pas si facile de faire de la politique "autrement" !

C'est que François Bayrou, en vieux baroudeur politique, sent bien qu'une seconde phase de la stratégie présidentielle se joue lors de ce second tour des législatives. Car compte-tenu des résultats ultra favorables des candidats de La République en marche (LREM) lors du premier tour, les rapports de force devraient changer. En clair, le président de la République pourrait se passer aisément de tout appui venu d'ailleurs...

Certes, les Français ont approuvé le mixage de son équipe. Mais lorsque l'on se rappelle qu'à droite, comme à gauche, les frondeurs ont plombé le quinquennat précédent, on se dit que le président de la République, chantre d'une nouvelle façon de faire de la politique, n'a peut-être pas envie de multiplier les frondeurs qui, tôt ou tard, apparaîtront dans son parti à multiples casquettes. Au bout du compte, ce qui se joue lors de ce second tour, c'est bien la liberté d'action présidentielle.  

 

LREM à l'assaut en Normandie

Le taux d'abstention élevé au premier tour en Normandie - un peu moins d'un électeur sur deux s'est déplacé - sera la clé de ce second tour. Les militants LREM espèrent pouvoir confirmer une victoire historique, alors que ceux des partis traditionnels tenteront d'adoucir la punition. Cinq duels LREM-FN auront lieu dans le département de l'Eure, où les candidats LREM, dont Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, partent avec une avance importante. En Seine-Maritime, le PS tentera de relever la tête. Une victoire est probable pour Christophe Bouillon dans la cinquième circonscription, mais paraît plus difficile dans la première pour Valérie Fourneyron, ancienne ministre des Sports. Côté PCF, le duel entre le maire de Dieppe, Sébastien Jumel (22,8%) et Philippe Dufour (LREM, 26,9%) reste ouvert. Tandis que dans la huitième, la partie est serrée entre Jean-Paul Lecoq (PCF, 25,83%) et Béatrice Delamotte (LREM, 22,50%).

Dans les quatre circonscriptions de la Manche, les candidats LREM sont en capacité de l'emporter : Bertrand Sorre dans la deuxième, Stéphane Travers dans la troisième, deux candidats macronistes s'opposant dans la quatrième. La situation est moins évidente dans la première circonscription entre Benoîte Nouet (LREM,35,23%) et le député sortant Philippe Gosselin (LR, 31,21%).

Dans le Calvados, Éric Halphen (LREM) aborde ce second tour dans la deuxième circonscription avec près de 14% d'avance sur la socialiste Laurence Dumont. Théoriquement suffisant mais... Le parti LREM part favori dans les première, quatrième, cinquième et sixième circonscriptions. Dans la troisième, l'écart entre Florence Lehéricy (LREM, 29,70%) et Sébastien Leclerc (LR, 20,79%) laisse planer le doute sur l'issue du duel.

Dans l'Orne, le résultat du duel LREM-LR est incertain dans la deuxième circonscription où Ophélie Lerouge (LREM, 30,99%) et Véronique Louwagie (LR,30,91%) sont au coude à coude. Même suspense dans la troisième entre Isabelle Boscher (LREM,34,64%) et Jérôme Nury (LR, 33,47%).  Dans la première, Joaquim Pueyo (DG) se présente avec presque 9% d'avance sur Christine Roimier (CD). 

Les législatives passées, le prochain rendez-vous électoral, dimanche 24 septembre 2017, concernera une partie du Sénat. En Normandie, seuls les sénateurs des départements de la Manche et de l'Orne seront en lice.

Jean-Pierre BOULAIS

 

 

 
Publié le : 15/06/2017

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