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Grande marée macroniste en Normandie

La tornade Macron continue de secouer vigoureusement le cocotier politique et la Normandie est au diapason national pour ce premier tour des législatives. Les candidats de La République en marche (LREM) seront tous au second tour et en bonne position, mais attention, l'abstention s'est avérée très forte dans notre région, avec des points bas situés entre 45% et 48% de participants selon les départements.

Une élection c'est un peu comme un match de football, la partie n'est jamais gagnée avant le coup de sifflet final, l'équipe de France en sait d'ailleurs quelque chose ! Désormais une seule question prévaut : quelle sera l'attitude les électeurs le 18 juin ? En savourant ce chapelet de victoires, le président de la République retiendra forcément aussi le désarroi des répudiés. Ces partis roi. Comment en sont-ils arrivés là ? Emmanuel Macron le sait puisqu'il a eu l'intelligence et le culot de s'engouffrer dans une fenêtre de tir inespérée. Mais il ne devra jamais oublier : Trop de pouvoir isole et rend sourd. Et le temps n'arrange rien.

Rescapés et descentes aux enfers

Un tourbillon donc, ce premier tour et, au passage, l'étiquette Macron a ouvert la voie de la rédemption au ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, véritable survivant parmi les ex-soutiens de François Fillon. Le député sortant de la circonscription de l'Eure va donc aborder le second tour en position favorable (44,46%) devant le FN (22,09%). Singularité du département de l'Eure : ce second tour opposera la République en Marche au Front National dans les cinq circonscriptions !

À Caen, Éric Halphen, l'ancien juge antiterroriste et anticorruption, arrive en tête de la 2e circonscription (34,31%) devant la socialiste Laurence Dumont (20,37%). Lorsque l'on sait qu'à moyen terme le parti présidentiel devra songer à la politique locale et régionale, Éric Halphen, s'il passe le second tour, pourrait se positionner sur le devant de la scène normande. Dans la 4e circonscription du Calvados, Nicole Ameline (23,8%), député LR sortante, ancienne ministre de Jacques Chirac, joue gros face au candidat LREM Christophe Blanchet (39,72%)

La République en marche a aussi crucifié, ou mis en difficulté, quelques têtes d'affiches normandes dans tous les partis. Nicolas Bay, secrétaire général du FN, proche de Marine Le Pen, est arrivé troisième (22,78%) dans la 6e circonscription de la Seine-Maritime, derrière le candidat LREM Philippe Dufour (26,87%) et le maire PCF de Dieppe, Sébastien Jumel (22,82%). Le frontiste, qui ne devrait pas être au second tour, a toutefois demandé le recomptage des voix, au regard du faible écart le séparant du candidat PCF.

Mis à part Christophe Bouillon, dans la 5e circonscription de la Seine-Maritime (42,83%), le parti socialiste est carrément KO. Comme l'illustre la défaite de Guillaume Bachelay dans la circonscription longtemps tenue par Laurent Fabius. Le secrétaire national du PS arrive derrière Sira Sylla (29,92%) candidate LREM et le FN Nicolas Goury (19,25%). Valérie Fourneyron, ancienne ministre des Sports socialiste et ancienne maire de Rouen, pourtant très populaire, se retrouve en difficulté dans la première circonscription de la Seine-Maritime (17,2%) face au LREM Damien Adam (34,6%).

Autre exemple illustrant la déconfiture de la gauche dans la 5e circonscription du Calvados : Isabelle Attard, pourtant soutenue par une armada de partis (France Insoumise, PCF, EELV, PS) termine en troisième position (18,02%) derrière Cedric Nouvelot (LR-UDI) 23,28% et le LREM Bertrand Bouyx (38,8%).

Le président de Région Normandie, Hervé Morin, peut être soulagé : sur les trois vice-présidents qui se présentaient aux législatives, et qui auraient été obligés de quitter leurs responsabilités régionales compte-tenu de la loi sur le non cumul des mandats, deux ont été balayés : Bertrand Deniaud (LR-UDI) dans l'Orne (16,29%) et François-Xavier Priollaud (NC) en Seine-Maritime (13,90%) devraient conserver leurs postes à la Région. Même chose pour Françoise Guégot (LR), en grande difficulté en Seine-Maritime (18,99%), face à la candidate LREM Annie Vidal (40,01%). "J'espérais un peu de rééquilibrage", a indiqué Hervé Morin, président des "Centristes". "Il faudra s'interroger sur le mode de scrutin, qui n'a plus de sens." Hervé Morin se situe aujourd'hui dans l'opposition : "Je veux que l'on incarne clairement une droite et un centre intelligents."

Jean-Pierre BOULAIS

 

 

 

 
Publié le : 13/06/2017

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