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Chronique 'Législatives' : La République en marche

Michel Boivin, historien, sociologue et politologue, fait le point chaque semaine pour Normandie Magazine sur les élections législatives des 11 et 18 juin prochains. Pour cette première chronique, il nous apporte son analyse du parti La République en marche.  

De nombreux députés débutent en politique pour le mouvement La République en marche. A-t-on moins confiance en eux du fait de la jeunesse du parti créé par Emmanuel Macron ?

- "Les candidats de La République en marche suscitent plus de questions parce que beaucoup d'entre eux sont candidats pour la première fois et sont issus de la société civile et pas - ou peu - connus du grand public. Les nouveaux candidats des autres partis politiques de gouvernement sont souvent des élus locaux reconnus sur la scène électorale de leur circonscription. La jeunesse du parti présidentiel fait que son programme entre tout juste dans le débat. Si ses grandes lignes ont été tracées par Emmanuel Macron lors de la campagne pour l'élection présidentielle, sa déclinaison à l'échelle des 570 circonscriptions est l'affaire de ses candidats.

 

Emmanuel Macron avait comme projet de diminuer le nombre de députés. Dans ce cas, pourquoi recruter un grand nombre de candidats ?

- En effet, le candidat Emmanuel Macron a promis de diminuer le nombre des parlementaires et donc celui des députés à l'Assemblée nationale. Il lui faudra faire voter une loi organique fixant un nombre nouveau de députés qui soit inférieur au nombre maximal actuel, qui est de 577. L'opération est tout à fait possible dans la mesure où la Constitution dit que ce nombre de 577 est le plafond.

 

Le fait que les candidats de La République en marche financent eux-mêmes leur campagne est-il quelque chose d'original ?

- Les candidats de La République en marche aux prochaines élections législatives, comme tous les autres candidats, financent eux-mêmes leur campagne. Ils peuvent recevoir des dons de leur parti et de personnes physiques. S'ils obtiennent au moins 5% des suffrages exprimés au premier tour, ils bénéficient d'un remboursement forfaitaire de la part de l'État pouvant s'élever jusqu'à 47,5% du plafond des dépenses autorisées en fonction du nombre des habitants de leurs circonscriptions législatives.

 

Quelle serait l'Assemblée nationale idéale pour Emmanuel Macron ? Sera-t-il contraint d'avoir recours à un marchandage perpétuel ?

- L'Assemblée nationale 'idéale' pour le président Macron serait celle où La République en marche, c'est-à-dire son parti, détiendrait la majorité absolue. Il y aurait alors concordance des majorités présidentielle et législative. Emmanuel Macron disposerait des trois leviers essentiels du pouvoir politique au niveau national : la présidence de la République, le gouvernement et l'Assemblée nationale.

Deux autres cas sont à envisager : le cas contraire, où un parti d'opposition serait majoritaire ; et le cas intermédiaire où aucun parti n'obtiendrait la majorité. Dans le premier de ces deux cas, le président de la République serait contraint de cohabiter avec un premier ministre du gouvernement d'opposition. Un régime primo-ministériel prévaudrait. Dans le second cas, le président de la République serait à la recherche de majorités d'idées ou de circonstances."

 

Interview : Margaux Duhem

 

 
Publié le : 18/05/2017

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