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Flux et reflux Fillon en Normandie

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Paroles, paroles...

Juste après le couperet du premier tour de la primaire de droite remporté par François Fillon (44,1%), Bruno Le Maire, député de l'Eure, chantre du renouveau (2,4%), se met immédiatement à la disposition du vainqueur qui en fait son spécialiste des affaires étrangères. Ce sera lui qui le lâchera le premier. Dans les jours qui suivent, c'est la désertion massive. Motif : la convocation du candidat François Fillon devant des juges le 15 mars prochain, au sujet de l'affaire Penelope, sa femme. Et le spectre d'une éventuelle mise en examen. "Le 26 janvier dernier, indique alors Bruno Le Maire, François Fillon déclarait devant les Français que, dans ce cas de figure, il retirerait sa candidature. Je crois au respect de la parole donnée, elle est indispensable à la crédibilité de la politique." 

Les élus LR et les centristes de l'UDI qui n'ont pas voté François Fillon au premier tour, puis l'ont rallié après le second, quittent le navire pris dans la tempête. Ça flingue de partout, mais François Fillon, prié de se retirer, ne cède pas. La situation périlleuse de sa famille politique n'entre manifestement pas dans le raisonnement de celui qui a pourtant déclaré en août 2016 : "Qui imagine le Général de Gaulle mis en examen ?" Second de la primaire, Alain Juppé reste ferme, il ne sera pas un recours. Face à l'échéance de l'élection présidentielle qui se rapproche, le bureau politique des survivants LR fillonistes conforte finalement leur chef de file.

En Normandie, le président de Région, Hervé Morin, président du parti Les Centristes, reste fidèle à François Fillon. "Je ne déserterai pas", déclare l'ancien ministre de la Défense dont le successeur à ce poste fin 2010 fut... Alain Juppé. Les UDI de Jean-Christophe Lagarde, eux, reviendront-ils chez Fillon après l'avoir soutenu puis lâché ? Probablement, si leurs exigences sont acceptées. Ces contorsions de l'UDI (oui, non, oui...), ces tractations, sont l'exemple même de ce que les Français ne supportent plus en politique. Parole donnée, parole reniée : le peuple (c'est-à-dire près de 37 millions d'électeurs) tranchera en mai.

 

Deauville, Cabourg, Macron...

En Normandie toujours, le maire du Havre, Édouard Philippe, proche d'Alain Juppé, annonce avec Benoist Apparu qu'ils quittent François Fillon : "La tournure que prend la campagne nous apparaît incompatible avec notre façon d'envisager l'engament politique". Sébastien Lecornu, président LR du département de l'Eure, proche de Bruno Le Maire, qui avait rejoint Fillon au poste de directeur adjoint de la campagne, démissionne. "Je ne suis plus à même de remplir mes fonctions."

En pleine cacophonie générale à droite, la surprise vient du littoral normand. Philippe Augier, maire de Deauville, annonce qu'il soutient Emmanuel Macron. "Au lendemain de l'élection de Valéry Giscard-d'Estaing en 1974, j'avais fondé le mouvement de jeunes appartenant à Génération sociale et libérale. Libérer l'économie pour assurer une meilleure condition sociale pour chacun. Tel est mon souhait. J'ai le sentiment qu'Emmanuel Macron y répond." Tristan Duval, jeune maire de Cabourg, rejoint également Emmanuel Macron : "Sa vision trop souvent caricaturée, révèle aujourd'hui toute sa pertinence."

Jean-Louis Bourlanges, député européen centriste durant dix-huit ans, expert des dossiers européens, soutient lui aussi Emmanuel Macron. Cet amoureux de Varengeville-sur-Mer, près de Dieppe, où il possède une maison, estime que son candidat représente "La seule chance d'avoir à l'Élysée un rassembleur raisonnable et respecté."

Jean-Pierre Boulais

 

Visuel : Édouard Philippe, député-maire du Havre (photo Eric Houri), Sébastien Lecornu, président du Département de l'Eure (photo DR) et Philippe Augier, maire de Deauville (photo Béatrice Augier).

 

 
Publié le : 08/03/2017

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Magazine n° 282 - AVRIL-MAI 2017

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