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Une heure chrono à Matignon...

Bernard Cazeneuve Matignon

Fidélité, tempérament, dossiers à régler, l'après-Matignon... Ou quand le premier ministre, ancien maire de Cherbourg, distille quelques confidences personnelles.

Visage fermé, Bernard Cazeneuve écoute, comme le veut la tradition des vœux, le discours de Benjamin Sportouch (RTL), président de l'Association de la presse ministérielle. Interrogation sur ce mandat très court à Matignon, déconfiture de la gauche... Que décidera-t-il après ce mandat prestigieux ? Politique ou retraite ? Le premier ministre n'esquisse pas l'ombre d'un sourire. L'ancien maire de Cherbourg a pourtant la réputation d'un homme à l'humour ciselé et à l'imitation facile. Mais ici, sous les ors de Matignon, son sens de l'État ne présente aucune fissure.

Bernard Cazeneuve a une façon bizarre de lancer les différents chapitres de son discours. Derrière le pupitre, ses pointes de pieds, bien parallèles, se redressent comme le nez d'un Airbus au décollage, tandis qu'il trouve le juste équilibre sur le train arrière de ses talons. "Je suis, dans cette période, résolu à travailler jusqu'au dernier jour afin de faire aboutir les réformes qui ont été engagées dans ce quinquennat, parce qu'il reste encore des mesures à prendre, parce que l'on ne conduit pas la politique d'un pays comme le nôtre sans que des crises de divers ordres surgissent, que nous sommes à chaque instant dans l'obligation de maîtriser. Je n'ai pas besoin de vous dire une nouvelle fois que la menace terroriste demeure à un niveau extrêmement élevé, mais tel est bien le cas et cette situation exige, de tous les services de l'État, une vigilance constante afin d'assurer au mieux la protection de tous les Français et cela aussi me mobilise pleinement."

Le canal Seine-Nord

Le premier ministre aborde les dossiers qu'il a l'intention de boucler avant la fin de son mandat dont un qui a fait débat en Normandie : le canal Seine-Nord. "Je veux insister sur le fait que dans les mois qui viennent, de nombreux chantiers seront sur le métier, auxquels j'entends consacrer toute mon énergie car je souhaite qu'ils aboutissent avant la fin du quinquennat : c'est le cas du Charles-de-Gaulle Express, du canal Seine-Nord, du Lyon-Turin, des travaux qui doivent être engagés pour la modernisation à des fins environnementales des autoroutes de notre pays. Sur tous ces sujets, il y a des décisions à prendre, il y a des crédits à mobiliser dans le cadre de la loi de finances, il y a des démarches à engager. Par exemple, pour le canal Seine-Nord, la société de projet doit être créée par des textes présentés devant le conseil d'État..."

"Je crois à la fidélité"

Et puis, chose rare, Bernard Cazeneuve finit, par petites touches, par parler de lui. Que fera-t-il après Matignon ? "Comme vous le savez, la retraite à 54 ans n'est pas la pente des réformes les plus récentes." Cette hypothèse balayée, chacun dans l'assistance pense alors à une candidature aux législatives, voire aux sénatoriales de septembre. D'autres évoquent son métier d'avocat. Mais la politique reprend le dessus. "J'ai moins de passion pour ma personne que pour l'exercice de l'État, et moins d'attention à mon image que d'obsession de bien résoudre les problèmes qui se présentent à moi." Puis le premier ministre fait l'éloge de la fidélité, allusion à son parcours au  côté  de François Hollande. "Je crois à la fidélité parce que c'est mon tempérament. Dans la vie politique, lorsque l'on s'est engagé auprès d'une personnalité qui vous a fait confiance en vous nommant, vous devez assumer avec le plus de rigueur et de dignité possibles la responsabilité qui vous a été confiée. Je suis désolé que cela puisse apparaître comme étant considérablement démodé et si ça l'est, je m'en excuse mais c'est ma manière d'être et ma conception de la vie politique. Et aucun commentaire ni aucune pression d'aucune nature ne me feront jamais changer de ligne sur ces questions qui correspondent, plus encore qu'à une éthique personnelle, à mon tempérament."

Quelques minutes plus tard, il revient sur les législatives dans son ancienne circonscription de la Manche, provisoirement gelée par le PS. "Vous me demandez si je souhaite présenter une candidature dans les semaines qui viennent ? Oui, je souhaite présenter une candidature, celle de la France pour les jeux Olympiques de 2024." À notre question sur les législatives, lors d'une fugace rencontre entre deux petits fours, le premier ministre botte encore en touche. Lorsque l'on est en situation de rester maître du calendrier, pourquoi s'en priver...

Jean-Pierre BOULAIS

 
Publié le : 03/02/2017

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