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Vous avez dit transparence ?

L'humeur de Catherine Forestier

De Balkany en Guéant, de Mellick en Cahuzac, les accusations de prise illégale d'intérêts, de recours aux paradis fiscaux, de gaspillage, de favoritisme, de népotisme... ont fait florès à gauche comme à droite depuis de nombreuses années.

Dernier développement en date, l'affaire Penelope Fillon. Rien, a priori, de bien grave : un parlementaire dispose d'une somme pour recruter des assistants et il en fait ce qu'il veut. S'il en donne la moitié à son conjoint et qu'il est satisfait de son travail, très bien. Dans ce cas précis, il ne s'agit probablement pas d'un emploi fictif. Disons simplement que les conseils de Mme Fillon étaient très, très bien rémunérés... et que le suppléant de son député de mari, en acceptant de s'attacher à son tour les services de Mme Fillon en doublant son salaire, a payé bien cher le droit de le remplacer à l'Assemblée nationale... Mais en somme, ça le regarde. Et c'est parfaitement légal.

Reste que légal ne veut pas dire "légitime".

On pensait que les membres de l'UMP étaient vaccinés contre les emplois fictifs - ou les jobs en pointillé - depuis qu'ils ont coûté sa carrière au "meilleur" d'entre eux. Il faut croire que l'on n'apprend pas la prudence, en politique. Et l'on sait que de temps en temps une affaire qui défraie la chronique peut faire bien des dégâts, même si les Français ne font pas preuve, en matière politique, de la même intransigeance que les peuples du Nord.

Pour limiter les tentations, on pourrait commencer par imiter le Parlement européen où il est interdit aux élus d'employer ascendants, descendants ou conjoints. Cela éviterait de transformer un poste de député ou de sénateur en PME familiale. On pourrait surtout mettre davantage à contribution la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, qui est elle-même bien pâlotte. Ce n'est pas lancer des "boules puantes" qu'informer les citoyens de l'emploi qui est fait de leur argent. Par exemple, elle devrait nous dire sans se faire prier :

- si un bureau, du personnel, des cuisiniers et chauffeurs, sans parler d'une protection policière, sont toujours mis à la disposition de Jacques Chirac, et si l'on s'attend à ce qu'il se lève de son fauteuil roulant pour profiter de leurs services

- combien nous coûtent les attentions que prodigue encore la République à ses anciens présidents et anciens premiers ministres

- combien de journées de gendarmes, et le coût induit, consomme la surveillance des châteaux de MM. Chirac et Giscard d'Estaing

- le détail des avantages de tous ordres accordés aux députés, sénateurs et autres membres du Conseil
économique et social.

Un modèle un peu plus économe, un train de vie un peu plus modeste ne siéraient pas mal à un pays "en faillite", selon le diagnostic même de François Fillon. Et, de nos jours, informer franchement et simplement les citoyens sur le train de vie accordé par la République à nos élus et représentants est bien la moindre des choses.

 

Lire l'article dans la version papier de Normandie Magazine, n° 281 (Février-mars 2017)

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LES RÉACTIONS

 

"Certes, l'exigence de transparence en matière politique est légitime, a fortiori quand un candidat se proclame irréprochable. Et la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique devrait effectivement jouer son rôle.

Mais si François Fillon n'a pas contrevenu à la loi - qui autorise un élu à disposer à sa guise des sommes très importantes que l'État met à sa disposition sans devoir en rendre compte à qui que ce soit - le contribuable, le citoyen, est fondé à remettre en cause cette loi, écrite par et pour des hommes politiques prêts à servir avant toute chose leur propre intérêt et bénéficiant d'avantages excessifs, surtout en comparaison avec les pratiques d'autres pays.

On peut effectivement s'étonner que celui qui établissait le diagnostic de 'faillite' ait eu un comportement si léger vis-à-vis de l'argent public. Les politiciens font les lois. Il est sans doute illusoire d'espérer qu'ils les modifient pour mettre fin à ces scandales qui sont une insulte à ceux qui travaillent et qui, parfois (mais pour combien de temps ?), accordent leur confiance à ceux qu'ils élisent".

Danielle Metzler
83210 Solliès-Pont (Var)

 

 
Publié le : 01/02/2017

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Magazine n° 284 - AOÛT-SEPTEMBRE 2017

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